31 juillet & 1er août 2021
Abbaye de Floreffe

Radio Esperanzah! - 106.2 FM


site

Bienvenue au Village des Possibles !

Détour vers le futur !
  • Wednesday 21 July 2021 à 14:00

C’est parti pour une nouvelle édition du festival Esperanzah ! Le festival qui fait vibrer l’Abbaye de Floreffe depuis près de 20 ans. Le festival où l’acceptance, le respect, l’engagement, le partage et la découverte règnent en maîtres. Dans cet épisode de lancement, vous plongerez au cœur du Village des Possibles et aurez la chance de découvrir l’Histoire du festival, mais pas que !

Un tout grand merci aux personnes qui ont participé à cet épisode : Roza, Jean-Yves Laffineur et des membres du Village des Possibles tel que Maric, Eli, Léonor & Fred !

/ Télécharger

 

[Générique : Tshegue "Survivor"]

Alixe: T'es déjà venu·e à Esperanzah! ? Est-ce que tu savais que chaque année, il y a un message engagé qui fait vibrer toutes nos actions ? Et qui est porté par tout le festival ?

Alixe: En arrivant à l'Abbaye, entouré de festivaliers et festivalières, très vite, on est amené à passer sous le porche emblématique du lieu. Peu après, sur notre gauche, dans ce qui ressemble à une cours d'école, une zone hors du temps, des décors en bois spectaculaires, des rires et des sollicitations à participer nous amène au cœur de l'engagement d'Esperanzah!, Le Village des Possibles.

Alixe: Le Village des Possibles, c'est une immersion dans un monde qui vient titiller nos imaginaires ou les cocktails sont à prix libre (mais pas gratuits), les concerts sont en accoustique et la scène est accessible à tout le monde. C'est un peu le lieu où les regards se croisent. C'est un lieu de découverte, mais c'est aussi et surtout ; la place des débats d'Esperanzah!. Ce sont près de 40 collectifs militants actifs sur plein d'enjeux différents qui, ensemble, s'unissent pour dresser des constats, imaginer et proposer des alternatives, ainsi que de réaliser des expériences nouvelles. Et puis surtout, c'est ensemble que l'on écrit une autre histoire, notre histoire, avec nos messages : de "La fin de l'empire du mâle" à "Des ponts contre leurs murs" en passant par " Qui sont les vrais monstres ?" ou encore avec "Démasquons nos privilèges".

Alixe: Moi, c'est Alixe et je suis la coordinatrice de campagne à Esperanzah! et cette année, avec Le Village des Possibles et mes collègues, il était évident que plus que jamais, nous devions exister. Alors, à défaut de festivals, de fête, de culture, de musique et d'émotions fortes, nous vous proposons une série de podcasts à consommer de préférence au soleil, seul.e ou entre potes, accompagné de votre boisson préférée. Surtout, n'hésitez pas à augmenter le son et vivez une expérience à notre image.

[Ambiance sonore de festival, art de rue]

Alixe: Je vous présente le podcast du Village des Possibles!

[Même ambiance sonore une artiste de rue demande aux passant.es: "Un petit mot pour cette ouverture messieurs dames? Une festivalières réponds: "Vive Esperanzah!", une autre "Espeeeraanzah!" l'artiste retorque: "Merveilleux!"]

[Trois coups de bâton sont frappés sur le plancher, comme au théâtre]

Maric, Fred et Leonor: Depuis la nuit des temps, les gens se réunissent pour faire la fête.

Maric, Fred et Leonor: C'est un besoin essentiel qui traverse les générations, parcourt le monde et les espaces. Se retrouver pour danser, chanter, rencontrer, raconter des histoires pour honorer, commémorer ou comme rite de passage.

Maric, Fred et Leonor: Sortir de chez soi autour d'un feu, dans les amphithéâtres, dehors, dedans, dans les rues, dans les parcs, sur les places, dans les auberges, dans les bars, partout.

Maric, Fred et Leonor: Sortir de l'ordinaire pour fêter la vie, fêter les naissances et fêter les morts, fêter les saisons, fêter les réussites et oublier les échecs.

Maric, Fred et Leonor: Pour la sensation de prendre nos proches dans nos bras, pour partager des rires, des pleurs. Pour vivre les aventures palpitantes qui seront les histoires de demain. Cette euphorie de pouvoir vivre un événement autant avec des proches qu'avec des inconnus. Ces choses qui nous rassemblent et nous font vibrer. Nous n'avons rien inventé. Depuis la nuit des temps. Les gens se réunissent pour faire la fête.

[Musique: Fuego de Bomba Estéreo]

 

Alixe: C'est en 2002, pour la première fois, que le festival Esperanzah! A fait vibrer l'Abbaye de Floreffe. Il nous transporte à travers son univers aux racines inattendues. C'est depuis ce lieu emblématique que Jean-Yves Laffineur, directeur et programmateur du festival, témoigne de cette expérience. Passionné de musique, grand fan de festivals avec, à la base plutôt un parcours social, il nous raconte comment l'idée a germé. Quand Jean-Yves arrive sur notre lieu de rendez-vous, habitué aux caméras, il a sorti son plus beau pull pour parler dans notre micro.

Jean-Yves Laffineur: Je me présente alors Jean-Yves Laffineur, je suis, j'ai fondé Esperanzah! en 2002. A l'époque, j'avais 40 ans et donc voilà nous nous retrouvons 20 ans après avec 18 éditions, on aurait dû avoir 20 éditions, mais on en est toujours à 18.

Alixe: Est-ce que tu peux un peu nous expliquer comment Esperanzah! est né?

Jean-Yves Laffineur: Avant Esperanzah! , j'ai eu essentiellement un parcours social dans l'éducation permanente et dans le domaine de l'insertion sociale et professionnelle et mon objectif, à travers les projets auxquels j'ai contribué à l'époque, c'était toujours dans un cadre de transformation de la société vers plus de justice sociale. Et j'ai eu le sentiment, à un moment donné, que par la musique, par l'ambiance particulière d'un festival, on pouvait toucher plus fort les consciences et plus de consciences aussi. Et donc, c'est un peu ce qui a été le moteur préalable de la création d'Esperanzah!. Après le reste, ça devient des concours de circonstances, des rencontres de la vie. Et ma principale rencontre qui a déterminé essentiellement Esperanzah!, c'est la rencontre avec Manu Chao. J'étais à un concert à Forest National et c'est la première fois que je le voyais. Mais je le suivais depuis la “Mano Negra'' et j'ai ressenti vraiment une énergie forte et positive comme ça. Et je me suis dit mais il faut qu'on retrouve cette énergie-là chaque année.

[Musique: Bixo de Manu Chao]

Jean-Yves Laffineur: A l'époque, tu avais des grandes manifs contre le racisme et donc c'était un sujet qui m'interpellait beaucoup et très naïvement à l'époque, je me suis dit avec ceux qui ont fondé le festival avec moi, je me suis dit que.. Enfin pour moi, mon analyse de l'époque, maintenant j'ai une analyse un peu plus complexe mais mon analyse de l'époque, c'était que c'est la peur de l'autre qui créait ce qui était essentiellement à la base du racisme. Et la peur de l'autre vient essentiellement de la méconnaissance de l'autre. Et donc, j'ai vu l'ouverture aux musiques du monde, aux musiques de partout je vais dire, au partage d'émotions en découvrant des rythmes d'ailleurs, des cultures d'ailleurs, une possibilité de vaincre cette peur et d'aller au delà de cette peur et d'aller à la rencontre de l'autre. Et donc sur le plan, il y avait le côté musical, avec l'aspect "mestizo" qu'on appelait à l'époque Manu Chao et tout ça, déjà dans sa musique, cette ouverture à tous les sons qui viennent de partout. Il y avait ça, mais il y avait aussi cet aspect-là de lutte contre le racisme et ce qui fait qu'Esperanzah! , dès le début, s'était inscrit dans une volonté d'être un événement éthique et social et avec un engagement politique. Ce qui, à l'époque, on ne se rend pas compte, n'existait absolument pas. Il n'y avait aucun festival, à ma connaissance, qui avait un objectif social et citoyen, ça n'existait pas. Ça fait partie du concours de circonstances.

[Sonnerie d'école]

Jean-Yves Laffineur: J'ai imaginé qui est d'ailleurs devenu l'école comme on l'entend. J'ai imaginé le festival à l'Abbaye de Floreffe parce qu' avant, quand j'étais jeune, il y avait ici un festival qui s'appelait “Le Temps des Cerises” qui était un festival plus folk au niveau esthétique, mais qui était déjà très impliqué socialement et politiquement. Et j'avais trouvé la convivialité, les rencontres entre les personnes, le respect des uns et des autres et la liberté, surtout d'expression et comportementale au sein de ce festival extraordinaire. J'avais gardé un coup de cœur énorme pour l'Abbaye de Floreffe et je l'ai imaginé ici, un peu en filiation, on va dire du “Temps des Cerises”. La deuxième édition a été réalisée avec ceux qui m'avaient aidé dans la première édition. C'était un mélange de professionnels et d'amateurs. De professionnels sur le plan technique, essentiellement, artistique et des amateurs sur le plan de tous ceux qui ont mis en place la question de la gestion de l'environnement, la logistique. Bref, c'était vraiment un mix de deux personnalités très intéressantes. Et on a lancé cette deuxième édition qui a été tout de suite une réussite, y compris sur le plan financier. Et donc c'était parti.

Jean-Yves Laffineur: Un autre événement marquant pour moi, c'est aussi la décision de mettre une thématique en place sur le festival. Ça, c'était quand même énorme, ça n'existe nulle part. Je pense que c'est à la troisième édition qu'on a fait un partenariat avec le CADTM et le CNCD. Le Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde et la thématique était "Annulons la dette du tiers monde" et donc on s'est vraiment ouvert à toutes ces questions parce que dans les premières années, on était très orientés relations Nord-Sud, c'était quand même fort notre notre ADN. Après, il y a eu l'arrivée des réseaux sociaux et donc on s'est adaptés, on s'est modernisés. Je pense que ça a surtout été source d'adaptations d'année en année, avec la volonté, alors qu'on nous attendait au tournant, de veiller à toujours être cohérent, de dire ce qu'on fait et de faire ce qu'on dit.

[Son de batucada]

 

Alixe: Depuis près de 20 ans, chaque premier week-end d'août, Esperanzah! fait danser des milliers de personnes. Ce sont aussi des milliers de personnes qui sont touchées par nos thématiques, avec leurs messages et actions qui se veulent engagées, elles visent à véhiculer des valeurs de solidarité, de partage et d'acceptation. L’idée : créer un autre monde, un monde plus juste et inclusif.

Alixe: Alors, évidemment, notre point de vue est clairement situé. Il y a 20 ans, nous avions une vision très simpliste et utopiste de l'antiracisme.

Alixe: Au fil des années, notre lecture du monde est devenue de plus en plus complexe, critique, et nos messages ont évolué et se sont diversifiés. Mais nous, nous sommes principalement des personnes blanches, éduquées, jeunes et valides. Il faut donc reconnaître qu'il est nécessaire d'aller chercher d'autres points de vue que ceux qui nous confortent.

[Musique: Power de Muthoni Drummer Queen]

Alixe: En 2020 et 2021, la culture est confinée. Considérés comme non essentiels, nous sommes sans perspective. Le secteur tente alors de s'organiser. C'est vital. Les actions de “Still Standing”, l'occupation des lieux culturels. Nous tentons de faire front. C'est d'ailleurs dans ce contexte que nous avons découvert Roza , jeune chanteuse qui a tenu une tribune lors de l'occupation de La Monnaie début avril 2021. Parce que son texte nous a touché et parce que nous nous sommes reconnus dans son histoire, nous avions envie de vous présenter Roza .

Roza: Moi, c'est Roza, je suis une jeune artiste belge. Ça fait maintenant un an que je me lance à fond dans la musique et je laisse les choses petit à petit prendre forme. Et sinon, avant ça, je faisais des études de bioingénieur et je faisais des concerts un peu partout en Belgique pour l'une ou l'autre soirée ou festival. Mon projet est particulièrement sensible aux questions sociales et environnementales. Et mon rêve, ce serait de pouvoir apporter une forme de présence à cette solitude ou cette impuissance qu'on peut ressentir par rapport à toutes ces questions. Sinon ça fait des années que je viens à Esperanzah!, je suis une grande habituée, c'était mon premier festival et j'ai tout un tas de supers chouettes souvenirs là-bas. Une des chouettes anecdotes c'était la première année que je faisais le festival, j'avais 14 ans, c'était un peu les premiers instants de liberté et je ramassais les déchets, j'étais bénévole. Et un matin, alors que je traînais un peu les pieds pour aller nettoyer les scènes, je me retrouve face à un soundcheck, c'était le soundcheck de Chineseman. Et ils ont vu qu'on était deux personnes complètement endormies pour nettoyer les déchets. Et là, du coup, ils ont décidé de tout donner pour leur soundcheck et ils nous ont trop ambiancé. Et ça c'est vraiment un super cool souvenir, on était trop fières après de rentrer au camping, on était triomphantes.

Roza: Le discours a été écrit dans des conditions un peu particulière puisqu'il a été écrit un soir pour être déclamé le lendemain, lors d'une tribune organisée par le collectif “Bezet La Monnaie”, qui est un collectif d'une vingtaine d'artistes et d'étudiants en art qui s'est organisé pour occuper le théâtre de La Monnaie et organiser des tribunes quotidiennes pendant un mois, donc de fin mars à fin avril. Et qui continue, à l'heure où on se parle, de voir comment est ce qu'on peut fédérer tout un tas de collectifs autour de la question du changement de paradigme. Du coup, je voulais chanter deux chansons, une qui s'appelle "Rappelle-moi la beauté" et l'autre qui n'a même pas de titre. Et je me suis dit qu'elles étaient peut-être un peu seules ces deux chansons et qu'il y a peut-être plein de choses que je ressentais depuis un an et que je n'avais pas encore vraiment pris la peine de dire parce que je me sentais en grande partie, pas légitime. Et puis, je me suis dit peut-être que cette illégitimité qu'on peut ressentir, on est plein à la partager. Et peut-être que se foutre à poil sur scène avec des mots qui viennent, enfin qui sont crus un peu, pourquoi pas tenter de le déclamer et voir ce que ça donne. Et c'est vrai qu'à l'instant où le discours a commencé à être déclamé, j'ai senti qu'il y avait une écoute assez improbable qui s'était installée sur la place et je pense qu'on s'est tous sentis un peu moins seuls.

[Roza déclame son discours sur une musique au piano en fond:]

Je m’appelle Roza
J’ai 20 ans
Depuis un an
J’ai peur de ne pas être légitime
J’ai peur d’en oublier
J’ai peur d’être irresponsable
J’ai peur d’être déplorable
J’ai peur d’être égoïste
J’ai peur d’être un monstre
J’ai peur de tuer
Alors scrupuleusement,
Je me suis isolée,
Je me suis coupée du monde,
Et ai rompu des liens
Pas que j’aie peur de transgresser
Mais l’idée que mon comportement puisse en faire agoniser certains dans des couloirs d’hôpitaux m’a tenue immobile pendant un long moment.
Alors comme toute personne « responsable »
je me suis faite survivre au travers d’un écran
J’ai fait de la musique au travers d’un écran
J’ai étudié au travers d’un écran
J’ai fait ma vie sociale derrière un écran
J’ai appris derrière un écran
Je me suis divertie derrière un écran
J’ai fait de la musique derrière un écran
Jusqu’à ce que que…
Jusqu’à ce que la réalité devienne quasiment impalpable
Jusqu’à ce que la réalité semble sans aucune prise, ni levier
Elle était dans mon écran,
Et moi, en dehors, dans ma chambre
Et les riches sont enrichis, et les précaires précarisés
Et moi dans ma chambre
Et les vieux isolés,
Et moi dans ma chambre
Et les centres fermés
Et moi dans ma chambre
Et les hôpitaux bondés
Et moi dans ma chambre
Et les forêts rasées
Et moi dans ma chambre
Et la police armée
Et moi dans ma chambre
Et les ministres qui décident
Et moi dans ma chambre
Et les scientifiques qui cherchent la solution
Et moi dans ma chambre
Prendre part, n’était plus dans mon champ des possibles
Finalement 2020 était la grande leçon de mon impuissance
La crise était difficile pour tout le monde,
Alors je ne me suis pas prise au sérieux
Jusqu’à ce que je devienne réellement le monstre que je redoutais devenir
Je m’appelle Roza
J’ai 20 ans,
Et je ne pensais pas que ce serait l’âge auquel on me prescrirait des anti-dépresseurs
Je ne pensais pas que ce serait l’âge ou une détresse viendrait cohabiter dans mon corps
Ou l’espoir s’en échapperait…
Il y a un moment que je scrute la déliquescence du monde,
Mais à présent, il est difficile de s’échapper
Je ne veux pas m’échapper de la réalité avec un abonnement Netflix
Je ne veux pas de vos télécrochets, dans lesquels musique ne rime qu’avec compétition
Dans lesquels aventures ne sont que Koh-lantesques
De vos débats creux, de vos buzz, de vos pubs...
S’échapper de la réalité,
C’est réinventer les possibles
C’est contrebalancer l’importance des choses tangibles
C’est expérimenter la multiplicité des mondes
C’est entrevoir la beauté, et se permettre de la créer.
C’est précisément tout cela que permet la culture
Je m’appelle Roza,
J’ai 20 ans,
Je revendique le droit à la beauté
Elle est essentielle.
Je revendique le droit de réinventer le monde
Car leurs bulldozers sur nos ZAD sont des poignards dans nos rêves
Je revendique le droit de faire monde
Car atomisés comme nous sommes devenus,
Il est parfois difficile de simplement être.
Je revendique notre droit à prendre part à la réalité,
car la liberté de façonner la vie ne doit pas être un privilège de riches ou de ministres.
Je revendique notre droit à contester, car leur mépris est tout ce que nous récoltons après avoir fait exploser nos mille et une questions. D'ailleurs, je revendique le droit d'exploser et non d'imploser.
Je m'appelle Roza .
J'ai 20 ans.
J'aime croire, malgré tout, que la vie vaut la peine d'être vécue. Mais dans un monde où rien ni personne n'empêche un artiste de s'exprimer.

 

Maric, Fred et Leonor: Après avoir été nous même contraints à l'immobilisme par solidarité, par responsabilité. Aujourd'hui, cette question, nous nous la posons aussi: comment exister?

Maric, Fred et Leonor: Dans l'ADN d'Esperanzah!, à travers le Village des Possibles, on retrouve les débats, le partage d'émotions, les rencontres, la socialisation, l'émulation collective, la créativité, les alternatives. Toutes ces choses qui font vivre la démocratie.

Maric, Fred et Leonor: Nous croyons dur comme fer que la culture est un levier qui permet de faire face aux enjeux qui nous traversent, aux inégalités qui se creusent, aux injustices qui se multiplient.

Maric, Fred et Leonor: Le cinéma, les spectacles, les concerts, l'art, bref, tout ce qui nous fait vibrer, bouger. La culture est un tremplin pour la démocratie, sans création, sans sollicitation de notre imagination. Comment faire face aux crises à venir?

Maric, Fred et Leonor: C'est pourquoi il est temps pour nous de reprendre la main sur notre futur. Quitte à désobéir. C'est le moment d'écrire notre histoire, notre récit collectif avec nos priorités et de les mettre en œuvre. Passer à l'action, expérimenter et essayer de proposer des alternatives. C'est le moment de redéfinir ensemble ce qu'il se cache derrière la solidarité.

Alixe: Dans cette série de podcasts, nous allons aller à la rencontre de toutes ces personnes qui font d’Esperanzah! ce qu'il est. Les collectifs, les festivaliers et festivalières, les bénévoles, les travailleurs et travailleuses, ceux et celles qui se retrouvent chaque année à l'Abbaye de Floreffe pour réinventer un monde de fête le plus juste et le plus solidaire possible.

Alixe: Pour nous, la culture fait partie de la solution. Effectivement, on se rend bien compte des inégalités sociales et écologiques. A Esperanzah!, tout comme le Village des Possibles, on a toujours eu envie de montrer des alternatives plutôt que de rester dans ce discours. C'est pourquoi, dans nos épisodes, on donne la parole à des artistes ou des membres du milieu associatif qui sont déjà en train d'utiliser la culture pour servir leurs luttes, que celle-ci soit contre le racisme, contre le sexisme ou encore pour parler des enjeux climatiques et sociaux. Le tout mélangé à une belle sauce musicale. Ce sera des débats, des échanges, des grosses blagues. Et oui, j'ai un master en humour. Un peu de sérieux, mais surtout beaucoup d'alternatives. Alors arrêtons les utopies. C'est aujourd'hui qu'il faut écrire notre histoire, se réapproprier nos récits et passer à l'action.

[Musique: La beauté de Roza ]

Alixe: Ce podcast a été réalisé par Esperanzah! Music Festival dans le cadre de sa campagne en éducation permanente avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un tout grand merci à Roza et Jean-Yves Laffineur pour leur intervention. Merci également à Radio Panik pour son accueil, à Leonor Fred et Maric pour leurs voix, à Eli pour sa relecture et ses bons conseils et enfin, merci aux différentes personnes et collectif du Village des Possibles qui sont venues alimenter les prémices de ce projet et que l'on retrouvera dans les prochains épisodes.